Merci E. d'être venue sur ce blog ! Cet article t'était destiné, j'ignore si tu lira ces mots mais j'avais envie de le remonter un peu. C'est sûrement idiot de ma part mais je suis vraiment très heureuse !
Le 3 septembre 2006
Je suis tombée sur ton blog par hasard. Si tu savais l’effet que ça m’a fait ! J’ai replongé un an et demi en arrière. Tu n’as pas tellement changé finalement.
Toi au moins tu es " normale ". Sur ton blog il y a des photos de toi, tes amis, des films que tu aimes… moi jamais. Je n’envie pas cette capacité, les " j’t’adore ma chérie " n’ont jamais été mon truc.
Au milieu de tout cela, deux malheureux textes. Précisément comme ceux que j’ai l’habitude d’écrire, mais plus courts. Les lires chez toi ! Quand j’ai vu cela, j’ai su que tu pouvais me comprendre. Oui, et tu le peux toujours, seulement tu n’en as pas envie. Il t’a fallu apprendre que je me trouvais à l’hôpital pour automutilation pour que tu commences à ne plus m’en vouloir.
Et voilà que depuis quelques jours, une boule m’est revenue, solidement campée dans ma gorge. Sans que je puise la recracher.
" De l’autre côté de la fenêtre, un papillon se brûle les ailes, il a eu mal, il a pas chialé…
Il s’est jeté sur le lampadaire… " (issu d’une chanson de La Bricole)
Moi je chiale, mais sur papier faute de mieux. Je chiale l’encre de ma plume et le sang de mes bras parce que mon amitié s’est brûlé les ailes sur ta froideur. C’est sûrement pour cela que mes feuilles se couvrent de tâches d’encre et mes dessins de sang.
La boule est revenue de la même façon que l’an dernier. Et si, non ce n’est de ta faute si je ne suis pas foutue d’aller bien, c’est quand même pour toi que je ne peux rien arranger. J’ai honte de t’accorder tant d’importance, mais les faits en sont ainsi.
Je te vois tous les jours à l’école, mais tu me manques. J’ai besoin de toi, et toi, tu ne veux pas de moi. Tant pis. Peut-être qu’un jour je saurai faire avec.
Oui, tu fais comme les ados des skyblogs, comme ceux que je hais pour vivre en calculateurs justement. Toi aussi tu es une marque dans une école où l’on ne vit qu’au travers du regard des autres. Moi je fais partie des ratés de ces marques, de ceux que l’on jette. Tu m’as jetée parce que j’abîmais ton image. Je ne t’en veux pas, je constate. J’ai gardé un semblant de sentiments pour comprendre cela. Mais d’ailleurs, je ne peux pas t’en vouloir, tu es normale. C’est moi qui ai un grain, c’est moi la marginale.
Tu as choisi la solution de facilité : tu plies. Et moi je suis comme la pierre, je casse.
C’est ainsi.